“Les USA n’ont aucune intention de déployer des troupes en Algérie”

Selon Daniel Benjamin, coordonnateur de la lutte antiterroriste au département d’état, “Les USA n’ont aucune intention de déployer des troupes en Algérie car nous avons confiance en les capacités de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme. Mais nous assurons des formations et des services. Mais je répète que nous ne sommes pas impliqués dans des opérations en Algérie.” Voilà qui devrait, sans doute, éloigner quelques soupçons nourris depuis de longs mois sur de prétendues intentions prêtées aux Américains de vouloir installer une base militaire dans le Sud algérien.

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nvité par le gouvernement algérien, le coordonnateur de la lutte antiterroriste au département d’état, M. Benjamin Daniel a exclu, hier, l’idée d’un déploiement des troupes américaines en Algérie et dans la région du Sahel, préférant plutôt le volet de la formation qui constitue, selon lui, la meilleure méthode de coopération dans la lutte contre le terrorisme. “L’Algérie est capable de mener la lutte toute seule. Les Algériens sont fiers de leurs capacités et des progrès faits dans le domaine (…) Nous apprenons beaucoup de son expérience. C’est un pays leader en la matière”, a-t-il affirmé au cours d’une conférence de presse organisée au siège de l’ambassade américaine à Alger. Interrogé pour savoir si les états-Unis sont engagés dans la région du Sahel, région qui fait actuellement la une des médias internationaux après l’assassinat, par la branche Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi), de l’otage français en représailles à l’assaut franco-mauritanien contre ses membres au nord du Mali, le responsable américain s’est montré quelque peu prudent. “Nous avons toujours été engagés, mais nous n’avons pas de troupes, ni nous menons des opérations. Nous laissons aux pays concernés le soin de mener les opérations contre les terroristes. Nous, nous leur apportons assistance et appui.” Soucieux sans doute de ne pas froisser les Français qui viennent d’engager des troupes sur le terrain, une méthode visiblement qui n’agrée pas Washington, Daniel Benjamin a affirmé à propos de l’opération qu’“il laisse aux Français le soin de commenter l’opération”.
Il renvoie aussi aux Mauritaniens pour commenter les tenants de cette affaire. Qualifiant d’“acte barbare” l’assassinat de l’otage français qui rappelle que “le Sahel reste une menace”, le responsable américain soutient que son pays n’est pas hostile aux opérations, avec cependant cette précision : “La manière dont il faut procéder appartient aux pays concernés.” M. Benjamin s’est refusé aussi à commenter les informations selon lesquelles Washington aurait fourni des renseignements aux Mauritaniens. Les Américains ont-il informé les Algériens ? “Je ne fais pas de commentaire sur le renseignement. Mais nous avons une excellente coopération dans plusieurs domaines”, a-t-il dit, un tantinet diplomatique, ajoutant que “la coopération tourne autour de plusieurs volets et nous n’avons jamais été confrontés à un obstacle”. M. Benjamin qui doit rencontrer, aujourd’hui, le ministre délégué à la Défense, M. Guenaïzia, ainsi que le général Bousteïla, patron de la Gendarmerie nationale, et M. Boukraâ, DG par intérim du Centre africain de recherche sur le terrorisme (CAERT), n’évoquera pas, avec ses homologues algériens, la question de la vente d’armes. En revanche, il a évoqué, hier, avec M. Rezag Bara, conseiller du président de la République, la question des détenus de Guantanamo et les questions de l’état de droit. “Nous avons évoqué le droit des détenus à un procès équitable. Nous avons aussi discuté de l’état de droit (…) Mais nous ne perdons pas de vue que les terroristes sont des criminels et nous les traitons comme tels.” Le responsable américain n’a pas manqué de remercier le gouvernement algérien sur l’assistance apportée au gouvernement US sur la question des détenus de Guantanamo. Interrogé sur la nature de la coopération qu’entretiennent les Américains avec le comité opérationnel d’états-majors installé en avril dernier à Tamanrasset, Daniel Benjamin a indiqué que son pays apporte son soutien et qu’il est disposé à aider le gouvernement algérien. Mais il n’existe pas de demande d’opérations communes. Par ailleurs, il a rappelé que son pays considère que le payement de rançons n’est pas la “bonne méthode”. Enfin, la délocalisation de l’Africom en Afrique n’est pas d’actualité, selon lui.

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